12.07.2006
Brêves de Goa
Voici quelques particularités purement indienne que j’ai pu remarquer ce matin au cours de l’un des interminables quatres trajets quotidiens vers l’école (et oui il faut bien s’occuper) :
Ici tous les rond-points sont sponsorisés par un hotel, un restaurant ou une marque de bière (Kingfisher surtout), on peut lire un peu partout "ce rond-point est garcieusement entretenu par Resort Angels, 400m à droite", ou "ce rond-point vous est offert par Idea, 1er opérateur mobile", sans doute le gouvernement ne veut ou ne peut pas investir dans ce genre de choses alors les hotels et autres s’y mettent tout en s’assurant une bonne visibilité. A vrai dire la publicité est présente partout, dans les enseignes offertes par tel marque à un magasin, sur les murs des maisons, et parfois même d’immenses panneau plantés dans les rizières… C’est un style et on s’y habitue, mais j’avoue qu’il est parfois difficile de distinguer un garage caché derrière un habillement rouge Coca-Cola ! C’est dommage et ça gache parfois le paysage, mais c’est bien moins grave que le fait suivant : à Goa, pas de système de ramassage d’ordures. C’est pourtant l’état le plus touristique d’Inde et je peine à imaginer comment les immenses complexe hoteliers se debarassent de leurs ordures pendant la haute saison. Deux systèmes s’offrent à eux : brûler leurs ordures, et les enfouir, mais des gens habitent près des lieux d’enfouissage et les plaintes quant à la pollution de l’eau (déjà non potable mais desomais toxique) les forcent à changer sans cesse d’endroit, et donc à polluer d’autres sites encore vierges… Cet état au niveau de vie le plus élevé d’Inde pense donc tout d’abord à construire et à ramasser plus d’argent avant de songer à preserver sa nature. Un autre exemple : Tata, le groupe industriel et commercial le plus important en Inde (dont l’histoire est vraiment fascinante, deux frères de basses castes partis de rien qui bâtissent un empire, il faudra que j’en fasse un article) a acheté une concession au cœur des forêt qui surplombe Panjim après avoir obtenu l’autorisation de l’état (qui veut de l’argent), mais pas de l’agence de protection forestière (qui veut préserver son patrimoine). Après 5 ans de procès Tata, qui est le plus riche, a gagné, et maintenant on peut admirer une énorme batisse surplombant la ville, au cœur de la forêt…
Maintenant plus gai, parce que bien sûr l’Inde a aussi des bons côtés (QUE des bons côtés dirais-je même, mais des gens mal intentionnés me soupçonneront peut etre d’être partiale ;)
Une des choses les plus fascinantes en Inde, et ceci pour tous les occidentaux je pense, c’est la vigueur de sa foi et de sa spiritualité. Chaque moment de la vie est empreint de divin, et donc chaque espace et chaque chose se doit de le appeler à l’esprit . Ainsi, on peut voir sur le bord des routes nombres de petits autels, tantôt chrétien, tantôt hindous (Goa est le seul état d’Inde a avoir une communauté Chrétienne si importante, état fortement marqué par la présence encore récente des portugais), ornés de riches colliers de fleurs jaunes ou rouge en guise d’offrandes. Les bus sont du plus pur kitsh, et portent au dessus de leur pare-brise une sorte de deuxième toit en bois peint des plus vives couleurs, portant le nom de dieux ou deesses indiennes, le tout rehaussé de gris-gris accrochés un peu partout et parfois embrassé de colliers de fleurs (il faut absolument que j’essaye d’en prendre en photos, mais ce n’est pas facile car, attention scoop, ils bougent !). Autre découverte plus mysterieuse, sur tous les ponts où l’on passe on peut voir des colliers de fleurs accrochés aux rambardes des ponts Simple superstition, hommage à un défunt mort sur la route ou offrande au dieu Pont pour qu’il ne s’écroule pas (ce qui n’est, si on y réfléchit, pas si bête, un pont s’étant déjà écrasé entre la péninsule de Panjim et celle de Marpora, on peut d’ailleurs voir ses restes dans l’eau qui n’ont bien sûr pas été ôtés depuis bientôt 10 ans…Un autre menace de tomber, mais pas de travaux prévus pour l’instant, car il faudrait fermer le pont et bien sûr il n’y en a pas d’autre, attendons donc qu’il s’écrase !).
Mais l’Inde, c’est aussi une petite mamie si courbée que ça ne peut se décrire, et qui vous fait un grand sourire à une dent quand elle croise votre regard, ou des hommes armés de machettes qui font reculer la jungle qui menace d’avaler toute signalisation au bord des routes, ou encore des femmes en saris écarlates, coiffés de fleurs et parés de bijoux de la narine gauche au plus petit orteil du pied droit pour se rendre à un mariage… Que de choses à voir et à comprendre !
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